L’observation indépendante des activités forestières se trouve à des stades très différents dans les cinq pays ciblés. Au Cameroun, les projets officiels d’observation indépendante des forêts ont pris fin en 2013, depuis lors, la Société Civile a du mal à surveiller le secteur, en grande partie à cause du manque de ressources. En conséquence, on signale une augmentation des cas de corruption et d’illégalités. En République du Congo, la loi forestière de 2014 fournit un mandat pour la mise en oeuvre de l’observation indépendante des forêts par la Société Civile dans le cadre de l’APV.

CAGDF a pris le relais de REM comme observateur des forêts mandaté en 2013 mais elle est intervenue seule en grande partie. La promotion d'un cadre de surveillance plus large et décentralisé, en incluant l’interaction avec l'évolution de la stratégie nationale REDD+, est un axe clé de l'Action dans ce pays. En RCA, on a enregistré des progrès limités avec l’APV en raison du récent conflit armé. Bien que l’OIF-SC soit prévue dans les textes de l'APV, elle n'en est encore qu'à ses débuts dans ce contexte de postconflit, et la SC est relativement «jeune» avec des compétences et des savoir-faire peu développés. En RDC, les négociations sur l'APV ont complètement stagné, mais le pays a réalisé les progrès les plus significatifs dans le Bassin du Congo avec la REDD+. L’OIF mandatée est conduite par OGF. Malgré ses efforts dans le suivi de la gouvernance forestière, il subsiste un important manque d'appréciation et d'acceptation de l'OIF parmi les décideurs du Bassin du Congo. Au Gabon et en RCA par exemple, il existe un manque de connaissance sur l’OIF alors qu’au Cameroun, il y a une réticence du gouvernement et du secteur privé à collaborer avec les observateurs indépendants. Les autorités forestières traitent rarement les résultats de la surveillance et le rôle même de la société civile dans la surveillance est toujours contesté. De plus, le secteur privé, les législateurs, les comités de lutte contre la corruption, les importateurs et les autorités compétentes (AC) en Europe ne tiennent pas suffisamment compte des activités de surveillance menées par la SC, les PA et les communautés.